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LA DYSPRAXIE : LES GESTES EN DIFFICULTE

Le 03 février 2017

 

Votre psychologue spécialisée en neuropsychologie, installée à Nice, décrypte la dyspraxie développementale.

 

QU'EST-CE QUE LA DYSPRAXIE DEVELOPPEMENTALE ?

 

La dyspraxie développementale se définit comme un trouble qui touche la programmation des gestes. Elle se caractérise par une maladresse lors de la réalisation d’un geste intentionnel.

La dyspraxie fait partie de la constellation des troubles dits « DYS » et concerne 5 % des enfants.

Autrement dit, comme pour la dyslexie, l’enfant dyspraxique ne doit souffrir ni de déficience motrice, ni neurologique, ni sensorielle, ni intellectuelle.

La dyspraxie génère d’importantes difficultés dans la vie de l’enfant car malgré une répétition incessante des gestes au quotidien, il lui est nécessaire de les décomposer intentionnellement comme s’il les réalisait pour la première fois : ainsi, se brosser les dents, tracer un trait à la règle, s’habiller lui demande une intense concentration. En effet, la dyspraxie rend impossible l’automatisation des gestes. C’est la raison pour laquelle subsiste une grande maladresse chez les dyspraxiques.

De façon générale, plusieurs traits apparaissent dans le tableau de la dyspraxie, qui peuvent s’associer diversement selon les cas :

  •  l’enfant est maladroit,
  • il présente des difficultés de coordination motrice,
  • il est lent car exécuter un geste de la vie quotidienne (par exemple, manger avec une fourchette) lui impose une planification consciente de l’ensemble des gestes unitaires que suppose cette action,
  • sa structuration visuospatiale est fragile,
  • il est souvent sujet à la fatigue, car être toute la journée dans le contrôle conscient de tous ses gestes est épuisant,
  • il peut donner l’impression qu’il manque de concentration, car une grande partie de son attention est en réalité allouée à la programmation consciente de ses gestes,
  • les dyspraxiques sont souvent dysgraphiques car l’écriture nécessite d’automatiser un ensemble complexe de gestes,
  • une dyslexie secondaire à la dyspraxie peut s’observer, en cas de troubles visuomoteurs. En effet, l’enfant dyspraxique peut présenter des difficultés oculomotrices malgré une très bonne acuité visuelle.

Ainsi, les difficultés auxquelles l'enfant fait face quotidiennement sont importantes et peuvent entraîner d'autres difficultés : un retard dans les apprentissages scolaires peut survenir, tout comme une difficulté à aller vers les autres, appauvrissant la vie relationnelle.

 

LA DYSPRAXIE EST MULTI-FACETTES

 

Plusieurs dyspraxies sont mises en évidence et peuvent être associées dans le tableau clinique de l’enfant :

  • La dyspraxie constructive provoque une difficulté à assembler des éléments entre eux afin de construire un tout. Les jeux de construction (puzzles et légos) sont la hantise des enfants atteints de dyspraxie constructive.
  • La dyspraxie constructive visuospatiale est plus complexe car à la dyspraxie constructive simple s’ajoutent un trouble dans l’organisation du geste et un trouble oculomoteur, qui peuvent être la cause de difficultés en lecture et en écriture.
  • La dyspraxie idéomotrice consiste en une difficulté spécifique à réaliser des gestes symboliques (comme par exemple, faire un salut militaire ou faire "chut !") et des mimes.
  • La dyspraxie idéatoire est la difficulté à utiliser des outils pour réaliser une action, comme par exemple une fourchette, une règle, une brosse à dents, etc…
  • La dyspraxie de l’habillage porte atteinte aux gestes nécessaires à l’habillage : agencer et orienter convenablement les vêtements, boutonner un gilet, faire ses lacets est très peu aisé…
  • La dyspraxie oro-faciale génère une difficulté qui touche spécifiquement la coordination des organes de la phonation et du visage (langue, lèvres, mâchoire, etc…), perturbant la parole et pouvant même gêner la déglutition.

 

COMMENT DEPISTER LA DYSPRAXIE ?

 

Le dépistage de la dyspraxie est complexe et suppose l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire. En effet, afin de ne pas confondre les signes d’appel de la dyspraxie avec un trouble plus général (considérer les difficultés de l’enfant comme provenant d’une déficience sensorimotrice, d’un trouble attentionnel (TDA/H) ou des fonctions exécutives, par exemple), il est important de pratiquer plusieurs bilans afin d’éliminer les causalités qui seraient susceptibles de générer les difficultés ressenties par l’enfant.

  • Les bilans psychologique et neuropsychologique permettront d’éliminer l’hypothèse d’une déficience intellectuelle. L’évaluation des capacités cognitives de l’enfant a pour but de repérer des difficultés annexes (comme un trouble attentionnel, par exemple). L’aspect psychoaffectif est, bien sûr, pris en considération.
  • Le bilan orthophonique fera le point sur le niveau de langage oral et écrit, afin de cerner la nature des difficultés en lecture, si elles se manifestent.
  • Le bilan psychomoteur mettra en avant les capacités de l’enfant à se repérer dans l’espace et dans le temps, à coordonner ses gestes, ainsi que la qualité de sa motricité fine.
  • Le bilan graphomoteur établira la place des difficultés d’écriture dans le tableau général des signes observés.
  • Le bilan orthoptique rendra compte de la nature des difficultés neurovisuelles de l’enfant.

 

Dresser un portrait précis des difficultés de l’enfant permettra d’identifier sa dyspraxie, et de la distinguer des difficultés associées qui gravitent autour d’elle, afin de mettre en place les aides et rééducations adaptées.

Outre l’établissement d’un programme de prise en charge par les professionnels adéquats, des aménagements scolaires peuvent être proposés si les difficultés sont importantes. Il s’agit généralement de donner plus de place à l’utilisation de l’ordinateur, de proposer l’aide d’une AVSi (Auxiliaire de Vie Scolaire individuelle) auprès de l’enfant lors des heures de classe, d’accorder plus de temps à l’enfant pour pallier à sa lenteur et de limiter la copie en distribuant des photocopies. Les préconisations seront différentes pour chaque enfant et correspondront à ses besoins réels.

 

Ainsi, la dyspraxie a des répercussions néfastes sur le développement et le bien-être de l’enfant, car elle touche tous les domaines de sa vie, personnelle et scolaire.

Tout comme pour la dyslexie, dépister rapidement la dyspraxie est indispensable, afin de permettre à l’enfant en difficulté d’accroître son autonomie au quotidien et d’exprimer tout son potentiel à l’école. L’aide d’un psychologue peut s’avérer bénéfique pour ces enfants qui ont souvent perdu confiance en eux.