Votre psychologue, spécialisée en Neuropsychologie, Delphine Del Nero aborde la question du Trouble de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H).
Le TDA/H est un trouble du développement neurologique, qui touche les différentes sphères de l’attention. Il concerne 3 à 7 % des enfants d’âge scolaire, avec trois fois plus de garçons que de filles. L’origine serait vraisemblablement génétique car pour un enfant concerné, l’un de ses parents ou un élément de la fratrie est souvent également touché par le TDA/H.
Le TDA/H pourrait être considéré comme un syndrome qui comporte trois caractéristiques principales : le trouble de l’attention (TDA), l’Hyperactivité et l’Impulsivité. Le trouble de l’attention peut exister seul, ou être complété par l’hyperactivité et l’impulsivité, formant ainsi le Trouble De l’Attention avec Hyperactivité (TDAH).
LE TROUBLE DE L'ATTENTION SANS HYPERACTIVITE (TDA)
L’attention est un ensemble complexe de capacités qui nous permettent d’être réceptifs à notre environnement afin de répondre de façon adaptée à ses stimulations. Dans le trouble de l’attention, chacune de ces compétences peut être altérée :
Ainsi, si toutes ces compétences, nécessaires pour suivre plusieurs heures de cours à l’école, ne sont pas opérationnelles, le risque d’être en échec scolaire est plus important, en raison de l’arrivée de difficultés multiples. Le plus souvent, les enfants qui présentent un trouble de l’attention :
LE TROUBLE DE L'ATTENTION AVEC HYPERACTIVITE (TDAH)
Au trouble de l’attention peut s’ajouter le trait de l’hyperactivité, qui se manifeste par une agitation psychomotrice permanente, un besoin d’être toujours en mouvement. Dans certains cas, lorsque l’impulsivité verbale et motrice est également présente, l’intégration scolaire et sociale de l’enfant est rendue d’autant plus difficile.
Concrètement, les enfants qui sont concernés sont décrits comme étant « agités », « impulsifs ». En effet, en classe, comme ailleurs, ils ne peuvent s’empêcher de bouger : ainsi, ils se lèvent régulièrement de leur chaise, répondent sans y être invités, voire coupent la parole de l’adulte…
A tort, ces enfants sont parfois qualifiés de désobéissants, voire d’irrespectueux.
Rester dans l’incompréhension du TDAH risque de compromettre le bon développement psychologique de l’enfant, qui est rapidement mis à l’écart, tant par les enfants que par les adultes. Les renforcements négatifs à répétition dans le milieu scolaire exposent les enfants TDAH à la perte d’estime d’eux-mêmes ainsi qu’à désinvestir la scolarité : le décrochage scolaire est tout proche…
A la maison, les difficultés liées au TDAH peuvent générer de la tension dans les relations familiales.
Il est donc important de chercher à dépister ce trouble afin de prendre en compte les difficultés spécifiques de l’enfant et de les prendre en charge.
DEPISTER LE TDA/H
Repérer le TDA/H est une entreprise complexe. Dépister un trouble comme le TDA/H est le rôle d’une équipe pluridisciplinaire qui réunit généralement le psychologue, le neuropsychologue, l’équipe enseignante, le médecin scolaire, l’orthophoniste, etc...
- L’entretien avec les parents permet de faire le point sur les signes qui émergent à la maison, en classe et dans tous les domaines de la vie de l’enfant. Des questionnaires comparatifs sont également proposés, aux parents, à l’enseignant et à l’enfant lui-même afin de comprendre la manifestation des troubles selon le contexte (comme le célèbre questionnaire de Conners).
- Vient ensuite la réalisation du bilan neuropsychologique, qui, tout en mettant en évidence le trouble attentionnel, permet également de repérer des difficultés cognitives associées et les particularités de l’enfant. En effet, les cas de comorbidité ne sont pas rares, le TDA/H pouvant être associé à des troubles cognitifs, à une précocité intellectuelle, ou encore à des fragilités psychoaffectives (tendance à la dépression par exemple)… le bilan orthophonique s’attachera, quant à lui, à dépister la présence d’éventuels troubles spécifiques d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, etc…).
La description de l’ensemble des difficultés associées de l’enfant est capitale afin de comprendre leur place et leurs retentissements sur le déficit de l’attention et l’instabilité psychomotrice.
Cependant, avant de diagnostiquer un TDA/H, il est indispensable d’évaluer l’impact de toutes les causes qui pourraient être susceptibles de générer naturellement un défaut d’attention et/ou de l’agitation chez l’enfant : souffrance psychique, trouble auditif ou visuel, déficience intellectuelle, trouble neurologique acquis, etc…
TRAITEMENTS DU TDA/H
Les traitements du TDA/H sont de deux natures : la médication et les aménagements de l’environnement de l’enfant.
La médication la plus courante est l’utilisation de la Ritaline (méthylphénidate), qui est un psychostimulant activant la production de dopamine dans le cerveau afin de faciliter la concentration. Comme tout médicament, la Ritaline comporte des effets secondaires durant la durée du traitement, c’est pourquoi cette solution doit être envisagée en dernier recours.
La prise en compte de certaines préconisations à appliquer en classe comme dans le milieu familial peut grandement aider l’enfant TDA/H à se concentrer plus efficacement.
Ainsi, on propose à l’enfant :
Les préconisations varient selon la problématique de l’enfant concerné. Seul le repérage précis de ses difficultés et de leurs impacts réciproques peut permettre à l’équipe pluridisciplinaire d’identifier ses besoins réels.
Ainsi, comme pour les troubles spécifiques d'apprentissage, il semble indispensable de repérer le TDA/H au plus vite afin de préserver l'enfant des difficultés d'intégration sociale et scolaire et de leurs conséquences pour son avenir : suite au dépistage du TDA/H, une prise en charge adaptée à ses besoins intellectuels et affectifs pourra être mise en œuvre.